Franchise et perspectives à la fin du sommet Russie-Afrique
Résumé
Mots-clés — Russie ; Afrique ; relations internationales ; souveraineté ; partenariats ; géopolitique
Abstract
Keywords — Russia; Africa; international relations; sovereignty; partnerships; geopolitics
Une fois n’est pas coutume. La vérité est sortie de la bouche de l’un des présidents africains d’Afrique centrale les plus critiqués, celui-même qui nous a habitués à de si nombreuses contradictions, notamment entre son parti des travailleurs et le champagne qui coule à flots dans ses nombreuses résidences de luxe dans les capitales occidentales. J’apprécie néanmoins, pour une fois, sa franchise lors de son tour de parole à Saint-Pétersbourg et ses accusations sans langue de bois. L’Occident, a-t-il confessé, a tout fait pour empêcher la réussite du sommet Russie-Afrique. Seuls deux ou trois pays africains, a-t-il poursuivi, se sont abstenus. On aimerait savoir désormais lesquels ont choisi de porter le bonnet d’âne du laquais, alors que les rapports entre les nations changent à une vitesse supersonique et qu'il est urgent pour l'Afrique de contribuer à faire bouger les lignes. Qu’à cela ne tienne. Ce sommet aura au moins servi de catharsis aux pays africains présents. Leurs chefs, à part deux ou trois comme l’affirme Sassou Nguesso, savent désormais, s’ils ne savaient pas déjà, qui sont leurs vrais ennemis.
Quant à la Russie, celle-ci vient non seulement de faire la démonstration en mille couleurs éclatantes qu'elle n'est pas isolée diplomatiquement dans le monde comme la doxa occidentale l'affirme, mais qu'elle bénéficie de meilleures perspectives que l’Occident dans le monde "sous développé" qui dispose de plusieurs atouts déterminants pour l'avenir : le sous-sol, la démographie, et les plus grands besoins en tous genres (donc les marchés à venir, y compris en matière de sécurité et d'outils de stabilisation)
Mon intuition est que le président russe tentera la même chose en Asie et en Amérique latine. L'Afrique lui aura offert, en tout cas, la plus belle occasion de se projeter comme puissance ascendante, elle qui aura compris, avant ou mieux que d'autres, les failles du monde d’après-guerre et la nécessité d’un changement radical de cap dans tous les domaines de l’activité des États. Il vient un moment dans l’histoire où les vieux schémas ne tiennent plus que par la croyance. Parce qu’ils sont morts depuis longtemps et ne survivent que grâce à l’ignorance des hommes. Ce sommet aura été pour la Russie un beau champ d’exercices voués à la répétition et à l’amplification. Le lien entre ce sommet Russie-Afrique et celui des Brics, qui se tient dans quelques jours en Afrique du Sud, devient de plus en plus évident. Peut-être bien que la Russie et la Chine se sont réparti les rôles : la grande politique à la Russie+ les équipements militaires ; les finances à la Chine, voire l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, etc.
Il n'y a aucun doute que tout cela est cohérent et se présente bien. La Russie a dû planifier ceci depuis longtemps, ce qui lui donne une longueur d'avance sur ses ennemis, et cette redoutable capacité à déclencher une action ample en s'appuyant sur plusieurs leviers et sur une programmation de séquences à des échelles de temps longues et courtes à la fois. Le résultat de tout cela, c’est que les services adverses ne peuvent pas prévoir ce que la Russie va faire, à quel moment ni à quelle intensité…
Un sommet avec l'Afrique avant le sommet des Brics en Afrique : pour moi, ça se joue au millimètre et ce n'est pas le fruit du hasard !
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