FRENLNCréole
TRIBUNE

Rester dans son pays ou partir : qui décide où nous sommes chez nous ?

Antoine Nguidjol
Expulsé vers un pays qui n’est pas le sien, renvoyé dans celui que l’on a quitté depuis longtemps, étranger sur son propre continent ou pour qui rentrer chez soi est devenu trop coûteux : territoire, nationalité et appartenance ne désignent pas toujours le même lieu.

Les États-Unis procèdent actuellement à l’expulsion de certains étrangers vers des pays tiers. Des États africains acceptent d’en recevoir.

Un Cubain, un Afghan ou un Vénézuélien peut ainsi quitter les États-Unis dans un avion qui ne le ramène pas dans son pays, mais le conduit en Afrique. L’Eswatini et le Soudan du Sud ont reçu des personnes expulsées. D’autres accords ont étendu le dispositif. Le Burundi vient d’annoncer qu’il accepterait des personnes sans lien préalable avec son territoire.

Jusqu’à présent, la nationalité fournissait la réponse la plus immédiate à la question du « chez-soi ». Elle lui donnait une localisation : le pays dont on avait la nationalité était celui où l’on pouvait être renvoyé.

L’expulsion vers un pays tiers rompt cette correspondance. Un accord entre deux gouvernements peut désormais déterminer la destination d’un homme qu’aucune histoire personnelle ne liait auparavant au territoire qui le recevra.

La question est désormais posée : la nationalité suffit-elle encore à dire où l’on est chez soi ?
PartagerWhatsAppLinkedInFacebook