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IDÉES ET SOCIÉTÉ

Thabo Mbeki : La saison de l'espoir pour l'Afrique (note de présentation par Antoine Nguidjol)

Antoine Nguidjol
Première publication · 30 octobre 2024

Résumé

Cette note présente un texte de Thabo Mbeki consacré aux perspectives du continent africain et aux conditions politiques de son émancipation. Elle restitue les lignes de force de l’argument sans transformer la présentation en article autonome : affirmation de la capacité d’action africaine, critique des représentations dépréciatives du continent et nécessité de construire les conditions institutionnelles, économiques et intellectuelles d’un avenir décidé depuis l’Afrique.

Mots-clés — Thabo Mbeki ; Afrique ; renaissance africaine ; émancipation ; avenir ; présentation

Abstract

This note introduces a text by Thabo Mbeki on Africa’s prospects and the political conditions of its emancipation. It presents the main lines of the argument without turning the introduction into an independent research article: affirmation of African agency, criticism of depreciatory representations of the continent, and the need to build the institutional, economic and intellectual conditions for a future decided from Africa.

Keywords — Thabo Mbeki; Africa; African Renaissance; emancipation; future; presentation

Dans un discours prononcé en 2005 à l’Institut des Études de l’Asie du Sud-Est à Singapour, Thabo Mbeki, alors président de l’Afrique du Sud, plaide pour un partenariat renforcé et ambitieux entre l’Afrique et l’Asie, inspiré par la Conférence de Bandung qui, cinquante ans auparavant, avait consacré la solidarité historique entre les nations afro-asiatiques. Il souligne les similitudes des deux continents, tous deux marqués par des décennies de colonisation par les mêmes puissances occidentales, de perte de liberté et de rejet de la culture locale. Thabo Mbeki estime que cette histoire est suffisamment partagée pour constituer le socle d’une coopération renouvelée entre l’Asie et l’Afrique.

S’appuyant sur l’historien Basil Davidson, il rappelle les moments douloureux, et d’abord le racisme qui n’était pas qu’une erreur de jugement, mais un outil de domination systématique visant à justifier l’esclavage et l’exploitation des peuples africains. Il remet en lumière la Conférence de Bandung qui, pour lui, fut un tournant crucial pour les peuples colonisés en posant les bases d’une mobilisation collective pour la libération. Cette dynamique, estime-t-il, est essentielle pour comprendre les fondations d’un partenariat afro-asiatique véritablement équitable.

Tirant les leçons de l'histoire, Thabo Mbeki plaide pour un modèle de développement qui tienne compte des spécificités culturelles et historiques du continent. Il cite à cet effet Mahmood Mamdani, qui souligne l'importance pour l’Afrique de trouver un équilibre entre la modernité et le respect des communautés locales, un débat que Thabo Mbeki estime essentiel pour les pays africains. Pour lui, il est non seulement possible, mais nécessaire de dépasser la dichotomie entre la tradition et la modernité en construisant des institutions démocratiques fondées sur les réalités locales, tout en se préparant aux exigences de la modernité. Ce modèle, estime-t-il, devrait permettre à l'Afrique d'affirmer son identité tout en se développant de manière autonome.

Thabo Mbeki saisit cette occasion pour critiquer les programmes de développement souvent imposés à l’Afrique de l’extérieur, programmes qui, bien que parfois motivés par de bonnes intentions, sont fréquemment inadéquats, car conçus sans une réelle consultation des Africains. Ces initiatives, selon lui, ont contribué à ancrer la dépendance de l'Afrique aux financements et solutions étrangères, et à réduire la capacité des Etats africains à penser leur développement de manière autonome.

Dans une comparaison entre l’Afrique et l’Asie, Mbeki observe que, malgré des trajectoires historiques similaires marquées par la colonisation, plusieurs pays asiatiques ont réussi à sortir rapidement de la pauvreté. Cette réussite, selon lui, est due à la capacité des pays asiatiques à élaborer des stratégies de développement adaptées à leurs priorités, tout en résistant aux pressions extérieures. En revanche, l’Afrique n’a pas su résister à la pression de programmes exogènes et n’a pas encore pu s’affranchir de cette dépendance ; ce qui complique d’autant la transformation économique durable du continent.

Thabo Mbeki appelle les dirigeants africains dès lors à s'inspirer des stratégies de développement endogènes adoptées en Asie, notant que l’Afrique en a pris le chemin, grâce notamment à la création de l’Union Africaine (UA) et du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) qui illustrent déjà la volonté d’une prise en charge de leur destin par les Africains. En effet, poursuit-il, l'UA, créée pour remplacer l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), s’est donné pour mission de promouvoir la paix, la démocratie, les droits humains et le développement sur le continent. Quant au NEPAD, il représente un engagement concret des dirigeants africains à éradiquer la pauvreté et à favoriser un développement durable, en tirant les leçons du passé.

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