Royaume-Uni : « Venez soigner nos malades, ensuite rentrez chez vous »
Définitions, cadres juridiques, historiques et institutionnels associés.
Health and Care Worker Visa
Le Health and Care Worker visa est une voie de migration professionnelle britannique destinée à certains médecins, infirmiers, professionnels de santé et professionnels des métiers du secteur sanitaire et social. Le demandeur doit notamment disposer d’un emploi éligible auprès d’un employeur autorisé à parrainer des travailleurs étrangers et satisfaire aux conditions de rémunération applicables à son métier.
Le visa peut être accordé pour plusieurs années et prolongé tant que les conditions sont remplies. Il ouvre, pour les catégories éligibles, une voie vers l’installation permanente. Les règles concernant les personnes à charge varient selon le métier et la date d’entrée dans le dispositif.
Les care workers et les senior care workers ont joué un rôle particulier dans l’expansion de cette route après 2021. Le recrutement direct de nouveaux travailleurs de ces deux catégories depuis l’étranger a été fermé à partir du 22 juillet 2025. Des dispositions transitoires permettent encore, jusqu’en 2028, de déposer depuis le Royaume-Uni certaines demandes pour des personnes déjà employées dans ces métiers.
Le Health and Care Worker visa ne doit donc pas être confondu avec un dispositif unique et statique. Les professions éligibles, les seuils de salaire, les droits des personnes à charge et les possibilités de changement d’employeur ont fait l’objet de modifications successives.
Indefinite Leave to Remain
L’Indefinite Leave to Remain, généralement abrégé en ILR, est le principal statut d’installation permanente dans le système d’immigration britannique. Il permet de vivre, travailler et étudier au Royaume-Uni sans limite de durée liée au visa initial. Il peut également ouvrir, sous conditions, la voie à la naturalisation britannique.
Pour les titulaires d’un Skilled Worker visa ou d’un Health and Care Worker visa, les règles actuellement publiées prévoient, en principe, la possibilité de demander l’ILR après cinq années de résidence et de travail admissibles, sous réserve notamment des conditions de salaire, d’emploi et de continuité du séjour.
L’ILR n’est pas la citoyenneté. Une personne qui l’obtient demeure étrangère tant qu’elle n’est pas naturalisée. Le statut peut également être affecté par une absence prolongée du Royaume-Uni.
Le débat autour de l’« earned settlement » porte précisément sur une éventuelle modification de la durée et des critères permettant d’atteindre ce statut. Il faut donc distinguer les règles actuellement en vigueur des propositions de réforme.
Earned settlement
L’expression « earned settlement » désigne le projet britannique de réformer l’accès à l’installation permanente en faisant dépendre davantage la durée d’attente et les conditions d’accès de la contribution et de la situation du migrant. Elle appartient au programme de réforme présenté par le gouvernement ; toutes ses modalités ne constituent pas encore le droit en vigueur.
Le principe annoncé consiste à remplacer, pour certaines catégories, la route standard actuelle par une durée de base plus longue, susceptible d’être réduite ou augmentée selon des critères déterminés. Les discussions ont porté sur le revenu, l’activité, l’intégration, le respect des règles et l’éventuelle dépendance à certaines prestations.
Le projet est particulièrement sensible pour les travailleurs déjà installés. Une réforme appliquée à des personnes entrées sous un régime qui ouvrait une perspective d’installation après cinq ans modifierait le calendrier autour duquel certaines ont organisé leur vie familiale et professionnelle.
La fiche doit donc être lue avec une attention chronologique. À la fin de septembre 2026, l’earned settlement demeure un chantier de réforme. Les règles définitives doivent être distinguées des scénarios, des consultations et des annonces gouvernementales.
Recrutement international des personnels de santé
Le recrutement international des personnels de santé met en relation les besoins en main-d’œuvre d’un pays, les choix professionnels des travailleurs et la capacité des pays d’origine à maintenir des effectifs suffisants. Les médecins, infirmiers et autres professionnels peuvent migrer pour de meilleurs salaires, des conditions de travail différentes, des raisons de spécialisation ou des raisons familiales. Les pays de destination peuvent, simultanément, utiliser cette mobilité pour combler leurs propres pénuries.
L’Organisation mondiale de la Santé a adopté en 2010 un Code mondial de pratique sur le recrutement international de personnel de santé. Il n’interdit pas la mobilité individuelle. Il cherche à promouvoir un recrutement éthique, à améliorer la coopération entre les pays d’origine et les pays de destination, et à limiter les effets négatifs d’un recrutement massif sur les systèmes de santé fragiles.
En mai 2026, les États membres de l’OMS ont renforcé ce cadre. Les modifications intègrent notamment les personnels recrutés à l’international pour travailler comme care workers et encouragent le co-investissement dans les systèmes de santé et les personnels des pays d’origine.
Le sujet ne se réduit donc ni à la « fuite des cerveaux » ni à la liberté individuelle de migrer. Il concerne aussi la formation financée par les États, les pénuries nationales, les pratiques des recruteurs et la répartition internationale des coûts et des bénéfices de la mobilité.