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Insécurité alimentaire aiguë
L’insécurité alimentaire aiguë décrit une situation dans laquelle une personne, un ménage ou une population est temporairement incapable d’obtenir suffisamment de nourriture pour répondre à ses besoins essentiels sans subir de graves conséquences pour sa santé, sa nutrition ou ses moyens d’existence.
Elle doit être distinguée de l’insécurité alimentaire chronique, qui décrit une incapacité persistante à obtenir une alimentation adéquate sur une période plus longue.
Les cinq phases de l’IPC
Le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) utilise cinq phases pour décrire la gravité de l’insécurité alimentaire aiguë.
Phase 1 — Minimale : les ménages peuvent satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires essentiels sans recourir à des stratégies inhabituelles ou non durables.
Phase 2 — Stress : les ménages peuvent satisfaire leurs besoins alimentaires minimaux mais ont des difficultés à couvrir d’autres dépenses essentielles sans fragiliser leurs moyens d’existence.
Phase 3 — Crise : les ménages connaissent des déficits importants de consommation alimentaire ou doivent prendre des mesures qui détériorent leurs moyens d’existence pour obtenir de la nourriture.
Phase 4 — Urgence : les déficits de consommation alimentaire sont graves et la malnutrition aiguë et la surmortalité augmentent, ou les ménages recourent à des stratégies d’urgence pour survivre.
Phase 5 — Catastrophe : les ménages connaissent un manque extrême de nourriture et d’autres besoins fondamentaux, avec famine individuelle, décès, dénuement ou niveaux extrêmement critiques de malnutrition aiguë.
La classification décrit donc des degrés de gravité. Être classé en insécurité alimentaire aiguë ne signifie pas nécessairement qu’une population connaît une famine.
Catastrophe et famine
La phase 5 de l’IPC peut s’appliquer à un ménage même si la famine n’a pas été classée dans la zone où il vit.
Pour qu’une zone soit classée en Famine, trois seuils doivent être atteints ou dépassés : au moins 20 % des ménages connaissent un manque extrême de nourriture, au moins 30 % des enfants souffrent de malnutrition aiguë et le taux brut de mortalité atteint au moins deux personnes pour 10 000 par jour.
La distinction est importante. Des conditions catastrophiques peuvent toucher une partie de la population avant que les seuils requis pour une classification de famine à l’échelle d’une zone soient atteints.
Plusieurs causes possibles
L’insécurité alimentaire aiguë peut résulter d’un conflit armé, d’un déplacement, d’une sécheresse, d’une inondation, d’une mauvaise récolte, d’une hausse des prix alimentaires, d’une perte de revenus, d’une perturbation des marchés ou de restrictions de l’accès humanitaire.
Plusieurs de ces facteurs se produisent fréquemment en même temps.
L’existence de nourriture dans un pays ou une région ne signifie pas nécessairement que chaque ménage peut y accéder. L’accès dépend des prix, des revenus, des transports, de la sécurité et du fonctionnement des marchés autant que de la disponibilité physique des aliments.
Mesurer une crise
Les chiffres de l’insécurité alimentaire aiguë doivent être lus avec leur date, leur couverture géographique et leur méthode de classification.
Une projection n’est pas la même chose qu’un résultat observé. Une estimation pour l’ensemble d’un pays peut également masquer des situations très différentes entre les régions.
Le nombre de personnes concernées donne donc une indication de l’ampleur d’une crise, tandis que la phase IPC décrit sa gravité.