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Sortie de l’aide

La « sortie de l’aide » peut désigner deux évolutions différentes : un pays peut cesser formellement d’être éligible à l’aide publique au développement, ou devenir progressivement moins dépendant de l’aide tout en continuant à en recevoir.

La distinction est importante. La disparition de l’aide et la disparition de la dépendance ne sont pas la même chose.

Sortie formelle

Le Comité d’aide au développement de l’OCDE tient la liste des pays et territoires éligibles à l’aide publique au développement.

Un pays peut quitter cette liste lorsqu’il remplit les critères de graduation. Selon les règles actuellement appliquées, un pays qui dépasse le seuil de revenu élevé pendant trois années consécutives peut être envisagé pour retrait de la liste lors de sa révision.

La graduation formelle concerne donc l’éligibilité à l’APD. Elle ne décrit pas, à elle seule, la structure de l’économie du pays.

Recevoir encore sans dépendre

Un pays peut rester éligible à l’APD alors que l’aide ne représente qu’une faible part de son revenu national.

Le Botswana et Maurice illustrent cette distinction. Tous deux restent éligibles à l’APD, mais en 2023 l’APD nette représentait environ 1,50 % du revenu national brut au Botswana et 0,60 % à Maurice.

Ils reçoivent encore de l’aide. Cela ne suffit pas à qualifier leurs économies de dépendantes de l’aide.

Inversement, une dépendance peut subsister dans un secteur particulier alors que l’aide représente une faible part de l’économie dans son ensemble.

Japon et Corée du Sud

Le Japon entra à la Banque mondiale en 1952 et lui emprunta entre 1953 et 1966. Il cessa d’être emprunteur en 1967 et devint ensuite l’un des principaux actionnaires et créanciers de l’institution.

La Corée du Sud reçut une aide internationale importante après la guerre de Corée. Elle quitta la liste des bénéficiaires de l’APD du CAD en 2000 et rejoignit le Comité comme donateur en 2010.

Ces histoires ne constituent pas des modèles que l’on pourrait simplement reproduire ailleurs. Elles montrent cependant que la position de bénéficiaire de l’aide peut changer.

Préparer la diminution de l’aide

Une sortie de la dépendance peut être examinée à partir de la capacité du bénéficiaire à remplacer ce que finance l’aide extérieure.

Les ressources nationales peuvent-elles financer les dépenses courantes ? Les infrastructures peuvent-elles être entretenues sans soutien extérieur ? Les compétences ont-elles été transférées ? Les capacités productives ont-elles augmenté ? L’État peut-il obtenir des financements auprès de plusieurs sources plutôt que d’un seul fournisseur ?

Les réponses peuvent varier d’un secteur à l’autre.

L’aide et sa fin possible

L’aide au développement a pour objectif de contribuer au développement. Cela pose la question de sa durée.

Si l’aide renforce les institutions, les capacités productives, les recettes publiques et les compétences techniques, son importance relative peut diminuer avant même qu’elle ne disparaisse formellement.

Une réduction de la dépendance peut donc précéder la graduation formelle de l’APD.

Fiches liées

Aide publique au développement — Dépendance économique — Coopération internationale — Conditionnalité